Entretien avec le fondateur

Pourquoi la Colombie, et quand ne pas venir

La Colombie offre un vivier de talents important, des horaires largement compatibles avec l'Amérique du Nord et la possibilité de dépasser le simple bureau support. Elle ne gagne pas sur le prix et ne convient pas à toutes les entreprises.

M
Maxime JEAN

Dirigeant international basé à Bogotá. Voir le profil

Quel rôle le bureau devait-il jouer?
Vendre en Amérique du Nord, servir l'Amérique latine et dépasser le stade du simple support. Il devait avoir ses propres équipes commerciales et opérationnelles, dirigées localement avec une vraie capacité de décision.
Quels pays utilisez-vous comme points de comparaison?
La Colombie avait été choisie avant mon arrivée. Ma mission était de faire fonctionner le bureau. Le Costa Rica, le Chili et l'Argentine sont les marchés sur lesquels on m'interroge le plus. Je les utilise comme références et je distingue clairement ce qui vient de mon expérience directe de ce qui vient de mes recherches.
Pourquoi la Colombie peut-elle fonctionner?
Bogotá dispose d'un vivier suffisamment large pour recruter plusieurs fonctions sur le même marché. La journée de travail recoupe largement celle de l'Amérique du Nord. La ville permet aussi de construire un vrai bureau, avec une direction locale, des décisions locales et une responsabilité sur les résultats.
Un pays où vous ne trouvez pas la bonne direction locale n'est pas un pays à bas coût.
Qu'avez-vous sous-estimé?
Le salaire n'est que le premier chiffre. Il faut ajouter les charges employeur, les avantages obligatoires, le risque de rupture, les bureaux et le temps de management nécessaire aux équipes en début de carrière. Sans coût complet dès le départ, le business case reste incomplet.
J'ai également sous-estimé le leadership. Recruter le premier manager a pris plus de temps que recruter les premiers collaborateurs, et cette décision a eu plus d'impact.
Que peut apporter une agence d'investissement?
Des données de marché, des mises en relation, des informations sur les aides et un accès plus rapide à l'écosystème local. Il faut les utiliser. Leur mission est d'attirer les investissements. Elles ne décident pas si votre secteur correspond à la Colombie et ne gèrent pas les problèmes opérationnels qui apparaissent après le lancement.
Qu'est-ce que la gestion du bureau a changé?
Elle a changé les questions. Quel salaire proposer à un profil intermédiaire? Qui signe quoi? Comment gérer la performance localement? Quelles décisions Bogotá peut-elle prendre sans attendre le siège? Les lancements échouent rarement à cause du pays. Ils échouent lorsque ces questions restent sans réponse.
Quand déconseilleriez-vous la Colombie?
Lorsque les talents recherchés ne peuvent pas être validés. Lorsque le business case repose uniquement sur des salaires bas. Lorsque le siège refuse de donner une vraie autorité au responsable local. Ou lorsque le secteur est mieux implanté ailleurs.
Que faut-il valider en premier?
Écrivez la mission du bureau en une phrase. Listez les 20 premiers postes. Évaluez leur coût au niveau d'anglais et d'expérience requis, charges employeur comprises. Testez les deux recrutements les plus difficiles. Validez ensuite la structure juridique, la fiscalité, les bureaux et le coût de sortie si la décision est mauvaise.

Venez avec vos 20 premiers postes et votre business case

120 minutes, en toute confidentialité et à partir de vos chiffres. Si la Colombie ne convient pas, vous le saurez pendant la session.

Réserver la Session de décision Colombie